A la fin des années 80, cela fait longtemps déjà que Lucio Fulci n'a pas commis un film majeur. Il faut remonter pour cela à 1982 à L'éventreur de New York. Ses méfaits suivants n'ont pas connu un franc succès même si 2072, les mercenaires du futur (1984) reste amusant. Zombi 3 le voit tenter de renouer avec une valeur sûre, celle des zombies et autres morts vivants, sous-genre dégueu auquel il a offert un des plus fameux rejetons, L'enfer des zombies (1978), (fausse) suite du Zombie de George Romero. Las, le résultat est tellement calamiteux qu'il solde le peu de crédibilité que le cinéaste conservait encore. A sa décharge, il n'est pas le seul responsable du naufrage. Malade pendant une bonne partie du tournage qui se déroule aux Philippines, eldorado des productions les plus fauchées, il laisse la paire Bruno Mattei et Claudio Fragasso compléter son travail avec tout leur non talent habituel. De fait, Zombi 3 ressemble plus à un sous Virus cannibale pourtant déjà pas très glorieux en dépit d'une aura culte que de Frayeurs ou de L'au-delà !
C'est dire le niveau de cette baveuse série Z dans laquelle on peut s'amuser à identifier la part de chacun qui l'a tripotée, ces morts-vivants qui progressent de manière robotique et enveloppés par la brume, portant par exemple la signature évidente de Fulci. Le reste du temps, les zombies galopent au contraire, illustration de la grande cohérence d'un objet filmique cousu de morceaux épars sans souci d'une quelconque logique. Sans ce bricolage à plusieurs mains tirant vers le rafistolage, Zombi 3 aurait-il été meilleur ? Rien n'est moins sûr car la contribution du réalisateur démissionnaire se révèle à peine moins mauvaise que celle de Mattei et Fragasso. Des acteurs complètement nuls, qui le sont plus encore par la magie d'un doublage catastrophique (qui fait pourtant partie du charme), des effets gore plus ridicules qu'effrayant et un scénario (?) qui aligne comme des pinces à linge sur un fil tous les ingrédients obligés du film de zombies (les savants dépassés, les militaires appelés à la rescousse et un vague message écolo), condamnaient de toute façon Zombi 3 au ratage total, écartelé qui plus est entre les visions antagonistes de Fulci et de Mattei. Heureusement, on ne s'ennuie pas car le savoir-faire plus ou moins notable des différents contributeurs assure cependant un spectacle efficace. (01.04.2023) ⍖



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