Quand sort Oceanborn, sa seconde offrande, Nightwish est encore un tout jeune groupe inconnu en dehors de sa Finlande natale. L'album ne sort même qu'un an plus tard dans le reste de l'Europe, en même temps d'ailleurs que son premier essai, Angels Fall First, c'est dire. Et si c'est réellement Wishmaster en 2000 qui lui apportera la reconnaissance, Oceanborn fait plus qu'esquissé un style dont il est l'initiateur, ce mélange alors inédit de gothic symphonique et de heavy speed porté par un chant féminin comme tout droit sorti d'un opéra, il peut de fait être considéré comme son oeuvre la plus remarquable, quand bien même la majorité des fans lui préféreront certainement son successeur ou bien Once. Pourtant, bien qu'ils ne soient encore que des gamins ou presque, les Finlandais sont déjà maîtres de leur art, et s'ils n'ont pas encore les moyens de leurs ambitions (les orchestrations se limitent très souvent aux synthés du leader Tuomas Holopainen, hormis le recourt à une flûtes et à quelques violons discrets), cela ne les empêche pas d'accoucher de superbes morceaux, magiques et puissants, dont certains figurent parmi les meilleurs qu'ils aient jamais composés.
Citons l'entraînant "Gethsename", l'efficace et super heavy "Sacrament Of Wilderness", le grandiose et grandiloquant "Passion And The Opera", la reprise de Howard Blake, "Walking In The Air", mélodie déjà réinterprétée en son temps par Ritchie Blackmore et son mythique Rainbow avec le magnifique "Snowman" et l'épique et dantesque "The Pharaoh Sails To Orion". Parfois romantique (le touchant "Swanheart"), Nightwish ne rechigne pas non plus à assombrir sa musique, en utilisant - ce qu'il ne fera plus à partir de l'album suivant, succès commercial oblige ! -, certes avec parcimonie, quelques grognements masculins, comme sur les deux titres les plus "violents" de la galette, "Devil & The Deep Dark Ocean" et le déjà cité, "Pharaoh Sails To Orion". Que de progrès parcouru en l'espace d'un année, depuis Angels Fall First, opus attachant mais à l'identité hésitante, et dont seul le joli instrumental "Moondance", sorte de polka (forcément) entraînante, semble être l'unique reliquat. Avec cet Oceanborn, éblouissant, Nightwish pose alors, sans doute sans vraiment le savoir ni même imaginer son ampleur, les bases de son futur et immense succès. (22.05.2007) ⍖⍖⍖
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