En dépit du patronage de deux membres d’Enslaved, Ivar Bjornsson qui avait participé à un titre et Ice Dale pour la production (aux côtés de Pytten, excusez du peu) et à nouveau de la partie, on a sans doute pas suffisamment pris au sérieux le premier essai de Octavia Sperati que la plupart des pisse-copies ont eu trop (vite) fait de réduire à un clone de The Gathering période Mandylion / Nighttime Birds version 100 % gonzesses. Certes tout cela est un peu vrai : un groupe entièrement composé de femmes reprenant là où les Hollandais avaient mis en jachère leur style pour larguer les amarres vers une musique plus atmosphérique avec l’album How To Measure A Planet ?, deux éléments bien mis en avant par le label Candlelight lors de la promotion. Grosses guitares, chant de sirène de Silje Wergeland dont la tessiture de la voix fait, il est vrai, penser à celle de Anneke (qu'elle remplacera d'ailleurs peu après dans The Gathering !) et ambiances glaciales nourrissent effectivement la musique d’Octavia Sperati. Mais les Norvégiennes (qui comptent désormais dans leur rang, un homme, derrière les fûts) méritent mieux que cette étiquette, comme le démontre Grace Submerged lequel, s’il devrait sans problème séduire ceux qui ont aimé Winter Enclosure, permet en outre à ses génitrices d’affirmer un peu plus leur personnalité.
Mieux écrits, les nouveaux titres révèlent tous un potentiel énorme (la triplette d’ouverture : « Guilty Am I », « Moonlit » et « Going North »), à la fois massifs et puissants, toujours traversés qui plus est par ce souffle froid propre aux groupes norvégiens. Ils exsudent une profonde mélancolie, dont la voix de Silje est le véhicule, sentiment pour le moins évident sur la reprise de Thin Lizzy, le délicat « Don’t Believe A Word », que le sextet s’est admirablement réapproprié ou durant ce monument de tristesse qu’est « Dead End Poem » et ses lignes de piano mortuaires. Ce désespoir poignant plombe une musique qui en n’avait déjà nulle besoin pour partir à la mine (« Deprivation ») et s’y enfoncer toujours un peu plus au fur et à mesure que l’album progresse, à l’image de « Submerged », outro écrite à l’encre noire. Superbe. Bref, le groupe ne rigole pas, maîtrise son sujet à la perfection et ne pourra susciter aucune critique. Tous ceux qui ont été déçus par la tournure moins metal des derniers disques de The Gathering, auraient tout intérêt à jeter plus qu’une oreille sur Grace Submerged. Reste à savoir ce qu’Octavia Sperati vaut sur scène, question à laquelle nous n’avons pas pour le moment la réponse. (19.06.2008) ⍖⍖⍖
.jpg)

Commentaires
Enregistrer un commentaire