Dans les années 60, l’œuvre d’Edgar Wallace est redécouverte par le cinéma, européen surtout, qui usine des adaptations de ses nombreux romans à un rythme effréné. On pense évidemment aux krimis tournés en Allemagne de l’Ouest sous la houlette des Alfred Vohrer (Les mystères de Londres), Harald Reinl (La Grenouille attaque Scotland Yard) ou Franz Josef Gottlieb (Le crapaud masqué), véritable sous-genre en soi comme les gialli italiens. Mais les Anglais ne furent pas en reste en consacrant à cette plume parmi les plus prolifiques de leur terreau la série Edgar Wallace Mysteries entre 1960 et 1965, ensemble de films très courts (moins de 60 minutes) en noir et blanc. Playback est l’un de ceux-ci. Il ne compte toutefois ni parmi les plus mémorables (contrairement à Act Of Murder de Alan Bridges par exemple) ni parmi les plus représentatifs de l’auteur dont il s’inspire.
Ainsi on cherchera en vain l’empreinte de Wallace dans cette intrigue digne d’une série B américaine des années 40 où un jeune policier, endetté par la fièvre du jeu, tombe amoureux d’une femme riche qui, manipulatrice, le persuade de liquider son encombrant mari. Auteur de The Trollenberg Terror (1958) pour le compte de la paire Robert S. Baker / Monty Berman et surtout la même année de Cash On Demand, excellent polar de la Hammer avec Peter Cushing, Quentin Lawrence se fend par contre ici d’un travail assez terne, incapable de distiller la moindre tension. Heureusement les comédiens, Barry Foster (Frenzy) en tête, sauvent Playback de l’ennui. La beauté de Margit Saad, tout en élégance vénale et le charme désuet de l’Angleterre des années 60 font le reste. (30.08.2024) ⍖⍖
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