Premier volet de la série de live fêtant les trente ans de la première tournée mondiale de Rainbow, ce Live In Köln 1976 n’est cependant pas le plus intéressant des trois prévus (suivront les dates capturées à Düsseldorf et Nuremberg), non pas qu’il soit mauvais, bien au contraire (nous y reviendrons), mais seulement, la majeure partie des neuf titres qu’il contient (« Mistreated », « Stargazer », « Do You Close Your Eyes »…) s’avère déjà bien connu des fans, car figurant aussi sur le Live In Europe publié en 1996. Toutefois, cette nouvelle sortie permet de nous offrir le concert complet donné le 25 septembre 1976 et ce, dans une version remasterisée, ce qui n’est pas négligeable. Alors que Deep Purple se trouve au bord de l’implosion, son ancien guitariste et leader parvient en l’espace de quelques mois à s’imposer avec un nouveau groupe. La réalisation d’un premier album, Ritchie Blackmore’s Rainbow (publié alors qu’il était encore au sein du Pourpre Profond), et surtout de son superbe successeur, Rising, constitue l’étape préliminaire de cette ascension, la tournée qui suit, en est la seconde, et sans doute, la plus déterminante.
Secondé par la crème des musiciens, dont notamment l’extraordinaire Ronnie James Dio et le légendaire batteur Cozy Powell, Blackmore part sur les routes européennes afin de démontrer la puissance de feu de Rainbow. Et quelle claque ! Le show débute par un « Kill The King » survitaminé, parfaite mise en bouche avant que les choses sérieuses ne commencent réellement car l’ombrageux guitariste a souvent besoin d’un titre pour s’échauffer, avant de donner la pleine mesure de son immense talent, à partir de la reprise de Purple, « Mistreated », que Dio s’est admirablement approprié. A un « Sixteenth Century Greensleeves » imparable, succède un second point d’orgue, le bouleversant et grandiose « Catch The Rainbow, sublimé par Dio et illuminé par un solo beau comme un chat qui dort de Ritchie, pour lequel ce titre est toujours l’occasion d’illustrer toute la finesse dont il est capable. « Man On The Silver Mountain » permet à ce dernier d’épancher sa soif de blues (moment quasi obligé), avant que l’épique « Stargazer » et ses 17 minutes le voient accoucher d’un long passage instrumental démentiel. Le concert s’achève sur « Still I’m Sad » et son solo de batterie tellurique de Powell et sur « Do You Close Your Eyes », marqué par la folie destructrice de Blackmore. Essentiel comme tous les lives de Rainbow période de Dio. (18.12.2006) ⍖⍖⍖⍖
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