Si l’on excepte l’album Finyl Vinyl, il n’existe à ce jour aucune trace live officielle de Rainbow période Joe Lynn Turner. C’est pourquoi, il faut donc se rabattre sur les nombreux bootlegs existants pour pouvoir se faire une idée de ce que valait cette incarnation la plus commerciale du groupe de Ritchie Blackmore. Capturé au Texas en 1982 sur la tournée Straight Between The Eyes, comme son nom le laisse suggérer, Power Live Between The Eyes se révèle cependant d'une honnête qualité sonore pour un pirate, suffisamment en tout cas pour que deux extraits de ce concert ait été retenus afin de figurer sur Finyl Vinyl en 1986. En toute logique, les deux derniers opus sont les plus représentés et seul « Long Long Live Rock ‘n’ Roll » témoigne de l’ère Ronnie James Dio, tandis que se glisse en fin de parcours un unique vestige de Deep Purple, avec l’incontournable « Smoke On The Water » (l’amateur reconnaîtra toutefois l’intro de « Child In Time » durant les premières mesures de « Stone Cold »).
Défendu par un line-up au moins aussi impressionnant que ceux des seventies, constitué, en plus de Blackmore et Turner, de Roger Glover à la basse (ex-Purple d’ailleurs), David Rosenthal aux claviers et Bobby Rondinelli à la batterie, Rainbow démarre comme toujours le show à fond les manettes, avec le magistral « Spotlight Kid », suivi de « Miss Mistreated » et de « Can’t Happen Hear ». Quand bien même les morceaux de bravoure grandioses à la « Catch The Rainbow » ou « Still I’m Sad » sont désormais absents, la prestation ne manque pas pour autant de panache. Citons notamment : « Tearin’Out Of My Heart », littéralement transcendé , « All Night Long », l’instrumental « Difficult To Cure » ou la superbe et tellurique version de « Long Live Rock ‘n’ Roll ». Moins épique, le Rainbow des années 80 a tout d’une machine à tubes, néanmoins toujours magnifié par le talent de Ritchie Blackmore, véritable capitaine au long cours qui sait maintenir d’une main ferme son navire et, ce dépit des tempêtes internes qui n’ont jamais manqué de le secouer. Un très bon concert donc, sans doute même supérieur à celui, mythique, donné en 1984 au fameux Budokan de Tokyo en guise d’adieu.(19.12.2006) ⍖⍖⍖
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