Huitième album studio du groupe américain, comme son titre le suggère, Octane poursuit la mue (forcée) entamée avec le très bon Feel Euphoria, suite au départ de son leader Neil Morse, parti se consacrer à une carrière solo sous le signe de Dieu ( !). Le constat demeure le même que pour son prédécesseur : composé de 12 morceaux, dont les 7 premiers constituent les chapitres d’une longue suite intitulée « A Flash Before My Eyes » comme Spock en a le secret, cet opus s’éloigne peu à peu du rivage rock progressif pour accoster sur celui du rock tout court, voire de la pop (le fait de le batteur et désormais chanteur Nick D’Virgilio joue aussi dans Tears For Fears n’y est peut-être pas étranger). Alors certes, c’est toujours aussi bien fait, et les musiciens étant ce qu’ils sont, l’interprétation se révèle encore une fois impressionnante, mais est-ce bien toujours le même groupe ? A l’écoute d’Octane, comme de Feel Euphoria d’ailleurs, une autre question s’impose : l’identité de Spock’s Beard ne reposait-elle pas uniquement sur le charisme, le talent et la personnalité de Neil Morse ?
Depuis que ce dernier est allé voir ailleurs si l’herbe est plus verte, le combo a perdu en folie et en inventivité, ce qu’il a en revanche gagné en puissance et en énergie. D’ailleurs, certaines chansons sont presque hard, telle que « Surfing Down The Avalanche » par exemple. Mais ne boudons pas notre plaisir et respectons la démarche artistique des Américains qui, privés de leur leader, doivent bien se débrouiller par eux-mêmes. Plutôt que de tourner en rond, ils ont décidé d’aller de l’avant. Et ils n’ont peut-être pas tort, comme le prouve admirablement la première partie de l’album, qui atteint parfois des sommets (« The Ballet Of The Impact », « She Is Everything », « Letting Go », « Of The Beauty Of It All ») et se pare de teintes mélancoliques d’une étourdissante beauté, grâce notamment au mellotron de Ryo Okumoto. La seconde, quant à elle, se veut plus conventionnelle avec des titres plus anecdotiques (« The Planet’s Hum »), bien que l’étourdissant instrumental « NWC » soit pour le moins jubilatoire. Après un Feel Euphoria de transition, une ère nouvelle, que l’on prendra plaisir à suivre pas à pas, débute donc pour ce géant du progressif américain. (2007) ⍖⍖
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