Premier volet d’un diptyque, Elements Part 1 représente dans la carrière de Stratovarius l’aboutissement d’une évolution débutée dès l’arrivée au chant de Timo Kotipelto, chaque album étant une marche supplémentaire conduisant vers ce disque–somme. Dopé par une production monstrueuse (Mikko Karmila n’est pas loin), Elements commence pourtant mal, avec un titre, « Eagleheart », comme le groupe en a pondu des dizaines, et d’une banalité affligeante. De fait, c’est avec le fabuleux « Soul Of A Vagabond » que les choses sérieuses s’amorcent réellement. Ce morceau, peut-être l’un des meilleurs écrit par le génial Timo Tolki, se révèle pour le moins étonnant. Après une superbe intro orchestrale, il déroule une ligne rythmique pachydermique qui, tel un rouleau compresseur, écrase tout sur son passage. De part sa mélodie et sa construction, plus recherchée qu’à l’accoutumé, il n’est pas sans évoquer l’ombre de Led Zeppelin.
« Find Your Own Voice », plus direct, lui succède ; mais ce dernier se hisse largement au-dessus des brûlots speed mélodique d’antan. Nouvelle surprise : l’épique « Fantasia » (près de 10 minutes), enrobé lui aussi d’une parure symphonique éblouissante, et quasiment progressif dans sa structure, s’envole très haut. On se rend bien compte, à ce stade de l’écoute, que le groupe a poussé loin l’évolution entamée avec Infinite vers une musique davantage orchestrale et progressive. Les titres plus classiques et pêchus (« Learning To Fly », très Helloween, avec un Kotipelto qui va très haut dans les aiguës, « l’instrumental virtuose « Stratofortress ») alternent avec des morceaux de bravoure grandioses et épiques (le beau « Papillon ») jusqu’au monumental et pompeux « Elements », lequel s’étire sur 12 minutes un peu vides cependant et ce, en dépit, d’arrangements et de chœurs gigantesques. Le disque s’achève sur une ballade simple et touchante, « A Drop In The Ocean », dont les dernières mesures sont bercées par le bruit reposant du ressac. Stratovarius pourra-t-il aller plus loin dans la perfection ? L’avenir nous montrera que non. (2007) ⍖⍖⍖
.jpg)

Commentaires
Enregistrer un commentaire