Un film d’espionnage fardé d’une touche sexy, troussé par Richard Rush, cinéaste apprécié pour ses bobines biberonnées à la culture hippie avec Jack Nicholson (Le retour des anges de l’enfer, Psych-Out) et plus encore son Diable en boîte (1980), c’est peu dire que A Man Called Dagger annonçait un programme sinon mémorable à tout le moins remuant et rigolo. Las, le résultat se révèle tellement mauvais qu’on ne sait s’il doit être pris au sérieux ou considéré comme une parodie (ratée) de James Bond à côté duquel les eurospsy italiens, pourtant assez mineurs, passeraient même pour des chefs-d'œuvre. Son budget au rabais ne saurait excuser une rédhibitoire absence de rythme, des scènes d’action merdiques et une histoire ridicule où un agent secret traque un nostalgique du IIIème Reich cloué dans un fauteuil roulant.
Pis, l’acteur principal (Paul Mantee) arbore un faciès si inexpressif qu’un masque en latex semble couvrir son visage ! Une poignée de jolies filles (Virginia Wood, Terry Moore), un Richard Kiel en homme de main décidément prédestiné à camper les malabars de fêtes foraines dans James Bond (il sera Jaws dans L’espion qui m’aimait et Moonraker) et la photographie colorée de Lazlo Kovacs, chef opérateur indissociable du nouvel Hollywood (Easy Rider, Cinq pièces faciles) sauvent ce qui peut l’être, c’est à dire pas grand-chose. Comme quoi, il ne faut pas juger la qualité d’un réalisateur sur la base de piteux débuts ! (06.02.2025) ⍖
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