Tristitia - Garden Of Darkness (2002)

Depuis ses débuts, Tristitia reste un groupe à part dans la scène doom, car il est le seul à vomir un tel doom death à la fois caverneux, épique et mélodique. Il doit en outre une grande part de son identité à son leader, le guitariste Luis Galvez, sorte de Ritchie Blackmore ou de Yngwie Malmsteen (ses deux influences) du doom. D’habitude, cette musique forge davantage des riffs granitiques et pétrifiés que des envolées à la six cordes. Toute la particularité, et tout le charme aussi, de Tristitia résident donc dans ses arpèges lumineux qui éclairent des morceaux d’une pesanteur monolithique. Après un The Last Grief, plus Heavy, le groupe (enfin Galvez car comme tout bon virtuose qui se respecte, monsieur est un peu dictateur sur les bords) revient à un doom écrasant conduit par la voix d’outre–tombe du nouveau chanteur Stefan Persson (combien de temps restera-t-il ?) mais qui sait toujours rester mélodique grâce aux solis du maître des lieux et aux arrangements qui confèrent à l’ensemble une ambiance quasi religieuse. 

Toutefois, Garden Of Darkness n’est pas un disque facile d’accès car, outre trois intermèdes instrumentaux, son architecture s’arc-boute sur six pavés dont certains dépassent allègrement les dix minutes, à l’image des monstrueux « As Death Says Mine », « When Tears Cry » (qui s’enchaînent en plus !) ou l’ultime et instrumental « Tears Of The Moon », sans oublier le somptueux « Beholder’s Tears. Comme toujours avec Holy Records, le packaging est de grande qualité, avec un digipack illustré par une pochette magnifique de Jean-Pascal Fournier. Un Bon disque de doom death donc, mais Luis Galvez peine toutefois à vraiment se renouveler et ses compositions gagneraient à être enrobées dans une production plus actuelle. (2006) ⍖⍖

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