Tristitia - The Last Grief (2000)

Il nous aura fallu patienter trois longues années avant de pouvoir découvrir le successeur de Crucidiction. The Last Grief, troisième méfait de Tristitia marque une certaine rupture dans la carrière du groupe. Déjà, si les deux premiers disques donnaient l’impression d’être le fruit d’un effort collectif, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui et Tristitia n’est plus que le jouet de son guitariste et unique compositeur, Luis Galvez qui s’entoure pour les sessions d’enregistrement d’un chanteur (ici Richard Bengtsson) et d’un batteur. De plus musicalement, cet opus se veut moins doom et plus mélodique que One With Darkness et Crucidiction, même si la lenteur et la lourdeur pachydermique demeurent toujours de mise. Composé de 12 titres, The Last Grief possède une construction un peu particulière car seules cinq vrais chansons (« Slaughteary », « Golden Goddess Of Fire », « Angelwitches’ Palace »…) le structurent, le reste étant des intermèdes à la guitares ou de purs instrumentaux (« Instrumental Hollowcoast » subdivisé en sept parties). 

Bien que plus accessible que ses prédécesseurs, l’album n’en demeure pas moins une réussite incontestable, réussite qui doit beaucoup, il est vrai, au talent de Galvez qui illumine de ses arpèges dignes de Malmsteen des morceaux malgré tout parfois un brin répétitifs, le musicien restant fidèle à des habitudes de composition dont il ne se départira probablement jamais. Toujours est-il, que ce sont ses interventions, parfois entrecoupées de chœurs religieux, qui font tout le charme de The Last Grief dont les passages instrumentaux recèlent effectivement une réelle beauté. En tout cas, plus que jamais, Tristitia, sans être un des ténors du genre, possède une identité propre qui le place en marge du doom, ce que la désormais quasi absence de concerts, ne fait que renforcer. (2006) ⍖⍖

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