La carrière de Unholy se divise clairement en deux parties : la première comprend les deux premiers albums, dans une veine doom death extrême et la seconde réunit leurs deux successeurs et imposent le son si particulier de ce groupe finlandais maudit et culte (forcément !). Avec ce quatrième opus, le quatuor continue sur la lancée de Rapture qui a su redéfinir le doom pratiqué sur From The Shadows et The Second Ring Of Power. Bien que toujours d’une lourdeur et d’une lenteur agonisantes, la musique se fait plus mélodique, plus aérienne, plus ambitieuse également. Gracefallen, comme son prédécesseur donc, est un album de doom death évolutif, parfois au frontière du funeral doom, le caractère ambiant en moins. En effet, Unholy compose de vraies chansons, même si cela n’est sans doute pas évident pour tout le monde. Gravés dans une production énorme et écrasante (le mixage a été confié à Ansi Kippo et le mastering à Mikka Jussila au Finnvox), ces titres, tous d’une durée conséquente mais raisonnable, sont de superbes perles noires d’une sombre beauté.
Le disque peut se scinder en deux : d’un côté les morceaux éclairés par la voix angélique et mélancolique de Veera Muhli (« … Of Tragedy », « Daybreak », « Wanderer » et « Reek Of The Night »), grandioses et tragiques et combinant à merveille la grâce vocale à la pesanteur granitique des tempos, et de l’autre des titres plus extrêmes construits sur des vocaux caverneux masculins, et qui en définitive sont moins intéressants, tandis que « Haoma » est un instrumental bâti autour d’un remarquable travail sur la batterie, un peu à la manière de « Into Cold Light » qui ouvrait Rapture. La chanteuse confère aux chansons sur lesquelles elle apparaît une touche à la The 3rd And The Mortal, quand bien même la musique des deux groupes n’a rien à voir. Peut-être trop en avance sur son temps, Unholy a cessé sa carrière après ce quatrième album qui forme avec Rapture un immense diptyque à la gloire du doom dans ce qu’il a de plus original. Le succès récent de Shape Of Despair de ou Tyranny incitera peut-être le groupe à sortir de son mutisme long maintenant de plus de sept ans. (2006) ⍖⍖⍖
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