Unholy - Rapture (1998)


Rapture marque la naissance du vrai Unholy. Après deux albums intéressants passer à forger un doom death glauque et extrême, le groupe s’envole (ou s’abîme vu la lenteur et la noirceur de la musique pratiquée) avec ce troisième opus vers d’autres sphères, clairement inaccessibles, celles d’un doom évolutif et expérimental, qui n’est parfois pas si éloigné du My Dying Bride décrié de 34.788 %… Complete, sorti la même année d’ailleurs.  Tout commence par un instrumental  au tempo hypnotique, très drum ‘n’ bass de toute beauté qui démontre que Unholy a effectué sa mue. Le second titre, « Petrified Spirits » semble à première vue plus classique, mais des éléments mélodiques viennent nuancer cette première impression. Puis vient le grandiose et tragique « For The Unknow One » illuminé par la voix aérienne de la chanteuse Veera Muhli, dont le talent sera davantage utilisé sur Gracefallen. Jamais nous n’avions encore entendu une musique aussi lourde combinée à une voix féminine aussi intéressante et surtout pas stéréotypée. 


Le groupe avait déjà recours à une chanteuse sur ces premières offrandes mais avec moins de réussite. Mais l’apothéose arrive avec « Wunderwerck », pavé funéraire et apocalyptique de 15 minutes qui vous engourdi avant de vous emporter très haut avec un final d’une beauté à en pleurer. « After God » reprend le rythme hypnotique du titre inaugural mais avec la voix rugueuse de Pasi Äijö. « Unzeitgeist » nous entraîne aux confins de la folie tandis que l’ultra lent et contemplatif « Wretched », superbe pièce de doom pétrifié, est une longue marche vers la mort qui annonce tous les groupes de funeral doom des années 2000. Rapture s’achève sur un autre instrumental qui finit de vous enfoncer dans les abysses de la désolation. Parfaitement indispensable pour tout amateur éclairé de doom extrême ! (2006) ⍖⍖⍖⍖

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