Northsuite débute de la même manière que le précédent méfait du groupe, Genevieve, s’achevait, c’est-à-dire par un très long morceau ambiant, installant d’entrée l’auditeur dans un climat inquiétant et faussement calme, avant que n’explose « Winterglow », au rythme certes beaucoup plus véloce, mais conduit par un tempo de batterie hypnotique et répétitif. Par cette symétrie, Northsuite se présente, non pas comme la suite de Genevieve, mais comme son double inversé, d’autant que les deux disques se parent de nombreux attributs communs (pochette dépouillée en noir et blanc centré sur un arbre, minimalisme musical…). Du triumvirat du black underground américain (avec Xasthur et Leviathan), Velvet Cacoon est celui qui pousse sa musique le plus loin de toute frontière définie, aux confins de l’ambient (« Bloodscents » qui résonne d’échos lugubres et fantomatiques), même si les deux autres aiment aussi arpenter ce chemin non balisé.
Pendant un peu plus de soixante minutes, Velvet Cacoon déverse un black oppressant, malfaisant parfois, construit sur de longues complaintes lancinantes, qui semblent majoritairement instrumentales, les voix de gargouilles étant mixées très en retrait, plus proches en définitive du Filosofem de Burzum ou du funeral doom (Until Death Overtakes Me, Torture Wheel notamment) que de Marduk. Moins brutal donc, mais cent fois plus inquiétant. Le côté répétitif des morceaux et des rythmes lasseront sans doute la plupart des amateurs de musique extrême, pourtant cela finit par créer un envoûtement qui vous engourdis peu à peu et vous plonge sans espoir de retour dans des méandres insondables. (2006) ⍖⍖⍖
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