Terence Fisher - The Earth Dies Screaming (1964)


Au milieu des années 60, entre deux classiques de la Hammer, Terence Fisher se fend de trois films de science-fiction, genre pour lequel il ne semble pourtant pas nourrir une attirance particulière. The Earth Dies Screaming (1964), L’île de la terreur (1966) et La nuit de la grande chaleur (1967) composent ainsi un curieux petit corpus, au mieux oublié, au pire mésestimé. S’ils ne sauraient évidemment soutenir la comparaison avec Le cauchemar de Dracula (1958), Le chien des Baskerville (1959) ou Le retour de Frankenstein (1969), pour ne citer que quelques uns des joyaux de sa filmographie, ces trois petits films méritent cependant mieux que leur obscure réputation. Outre leur budget économique qui leur impose de privilégier l’atmosphère au spectaculaire, ils ont la particularité de développer un thème identique, celui d’une invasion extraterrestre circonscrite à un petit groupe de personnages dont Fisher, inspiré par la SF des années 50, analyse le comportement, les réactions, face à cette menace sourde. Dans The Earth Dies Screaming, un gaz mystérieux a décimé une bonne partie de la population de la planète. Traqués par des robots venus de l’espace, quelques survivants se terrent dans une auberge… 


Pour une raison évidente de manque de moyens, l’action ne franchit pas les frontières d’un village anglais et la campagne alentour. Ce n’est pas grave, d’autant plus que c’est justement de ce cadre rural en noir et blanc déserté par la vie que le film tire son pouvoir de fascination, en même temps que son ambiance provinciale froide et terreuse comme échappée d’un épisode de Chapeau melon et bottes de cuir. En revanche et contrairement à L’île de la terreur et à La nuit de grande chaleur qui embaucheront le fidèle Peter Cushing (et Christopher Lee pour le second), The Earth Dies Screaming ne peut compter sur une distribution avantageuse (à l’exception de  Dennis Price et de Thorley Walters) pour combler les déficiences d’un scénario très limité, aux protagonistes sommaires et peu attachants par ailleurs. Malgré ces contraintes auxquelles il est de toute façon habitué, Terence Fisher livre néanmoins un film efficace qui réussit mieux à épandre une atmosphère inquiète qu’à provoquer la terreur, bien pâle à fortiori, tant ces robots ringards et leurs victimes transformées en zombies font davantage sourire que frissonner. S’il ne peut masquer son budget anémique, The Earth Dies Screaming n’en est pas moins verni de cette patine à l’anglaise un peu rétro qui lui confère finalement plus de charme que certains autres films de Fisher, plus connus mais pas meilleurs, tels que Les étrangleurs de Bombay voire même Les maîtresses de Dracula. (09.07.2025) ⍖⍖


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