Arthur Marks - Vengeance d'outre-tombe (1976)


La blacksploitation, ces films destinés aux Noirs, avec des Noirs mais bien souvent produits et réalisés par des Blancs, a été cuisinée à toutes les sauces, des plus évidentes, telles que le polar (Shaft ou Coffy, la panthère noire de Harlem) ou le western (Boss) aux plus incongrues avec le péplum (La révolte des gladiatrices) ou le Kung-fu (La ceinture noire). L’horreur et le fantastique n’ont pas davantage échappé à cette mode fortement ancrée dans les années 70, de Blacula à Sugar Hill sans oublier le foireux Abby. Vengeance d’outre-tombe semble se rattacher à ceux-ci, comme le promettent à la fois son titre ainsi que son postulat (l’esprit d’un malfrat abattu trente ans plus tôt prend possession d’un malheureux pour assouvir sa vengeance) dans le sillage de L’exorciste (1973) et de ses multiples ersatz. Si le sang s’écoule bel et bien à flot (on aurait d’ailleurs pu nous épargner ces plans de vaches égorgées), ni effets spéciaux ni maquillages baveux ne viennent contre toute attente dévorer une péloche par conséquent peu spectaculaire. On peut le regretter. 


La terreur ne repose finalement que sur la performance de Glynn Turman qui, non sans en faire parfois de trop, passe de l’étudiant travailleur et attentionné avec sa petite amie, au brutal et ricanant J.D. Walker dont il devient le bras revanchard, à la manière d’un Dr Jekyll et Mr Hyde. En dépit de son machisme appuyé (tabassées, violées, traitées de putains, les femmes prennent cher le temps de quelques scènes néanmoins parmi les plus marquantes) et d’incohérence (trente ans plus tard, Louis Gossett Jr n’a quasiment pas vieilli !), Vengeance d’outre-tombe est dans la bonne moyenne de la blacksploitation dont il presse la semence à la fois violente et sexy. Emballé efficacement quoique sans inspiration distinctive par Arthur Marks qui, après des débuts comme assistant (sur La dame de Shanghai notamment), s’est retrouvé à illustrer quelques-unes de ces bobines à la mode afro telles que Friday Foster ou Bucktown, il se déflore sans ennui mais n’en déçoit pas moins par son manque d’épaisseur, récit d’une possession limitée aux grimaces de son acteur principal qui déambule en agitant un rasoir. Agréable donc sans être indispensable à l’instar de la majorité des films estampillés blacksploitation d’ailleurs. (24.08.2025) ⍖⍖


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