Steven Spielberg - LA 2017 (1971)


Quelques mois avant de réaliser Duel, son premier vrai (télé)film, Steven Spielberg emballe deux épisodes de séries TV, l’un pour Colombo (Le livre témoin), l’autre pour Les règles du jeu (Los Angeles 2017), dont la durée - 80 minutes - en font d’ailleurs presque de petits films à part entière. Bien que moins réussi et abouti que Murder By The Book, la faute à un scénario certes prometteur mais trop bavard et plus démonstratif que réellement palpitant, le second n’en demeure pas moins très intéressant et au moins doublement. Par son sujet de science-fiction d’une part, quand on sait combien le genre, de  Rencontres du troisième type à E.T., de Minorty Report à La guerre des mondes, irrigue une bonne partie de l’œuvre du réalisateur. Ensuite, par la maîtrise technique dont celui-ci fait déjà preuve. Les premières scènes à bord de la voiture que conduit un homme seul à travers des routes tortueuses annoncent de manière évidente celles de Duel


Souillés par une lumière crasseuse, les quelques plans qui dévoilent Los Angeles dans un futur pollué sont saisissants et n’ont rien à envier à l’urbanité sale et brumeuse d’un Soleil Vert. Formé à l’école de la télévision, Spielberg s’accommode du peu de moyens à disposition pour rendre réaliste cette humanité que la pollution extrême contraint de vivre recluse et entassée dans les sous-sols de la ville sous le joug d’un pouvoir fascisant. Avec peu, un bout de tunnel que sillonnent des canalisations, il saisit une ambiance menaçante et claustrophobique. Visionnaire, cet épisode d’une série méconnue en France, animée à tour de rôle par Gene Barry, Anthony Franciosa et Robert Stack, s’arrime à une science-fiction de son temps, écologique et paranoïaque presque trop ambitieuse pour ce format étriqué dont le cinéaste en herbe réussit donc à presser toutefois le potentiel anxiogène, à l’image de cet oiseau mort en ultime plan qui laisse à penser que ce qui n’était qu’un rêve pourrait devenir très vite réalité. Quelques visages familiers (Edmond O’Brien, Paul Stewart, Geoffrey Lewis) ajoutent enfin au charme de ce téléfilm qui porte la marque d’un futur géant... (07.09.2025) ⍖⍖


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