Sam Kopetzky - 2069 A.D. (1969)


Contrairement à ce que son titre annonce, l’action de 2069 A D ne démarre en 2069 mais en 2319, faux film de science-fiction par ailleurs mais vraie rondelle de sexploitation, dans le plus pur style de la fin des années 60 en noir et blanc, morne et désuet, que l’avènement du porno ne tardera pas à couvrir du voile fatal de la ringardise. Le point de départ est presque trop bon sinon ambitieux pour ce type de production érotique et fauchée. Dans un futur dégraissé de toute forme de violence, un criminel est envoyé dans le passé, rythmé par le sexe et la guerre, afin de prendre conscience de ses fautes. Un anneau lui permet non seulement de voyager dans le temps mais surtout de déshabiller ses partenaires en claquant les doigts à la manière d’une baguette magique. Passant de main en main au gré des époques visitées, la bague servira à relier vaguement les épisodes entre eux. 

Sam Kopetzky, dont il s’agit de la seule réalisation, ne fait rien de ce sujet qui rappelle La ronde, prétexte à s’attarder longuement sur les ébats de ses acteurs. Las, pudiquement limité à des poitrines malaxées et quelques (trop) fugaces toisons pubiennes, l’ensemble paraît bien timide voire carrément ennuyeux, pale succession de pastilles dénudées qui n’accrochent la rétine que le temps d’une scène saphique un peu plus excitante que le reste. A voir (éventuellement) pour Marsha Jordan qui a prêté ses formes appétissantes à ce cinéma d’exploitation gentiment coquin, flirtant parfois avec le softcore (Teen-Age Jail Bait) et ruisselant cet indéfinissable charme obscur que 2069 A D distille trop peu. La copie qui circule est amputée de vingt bonnes minutes. Dans sa version complète, le film serait-il moins idiot et réussi ? Il est permis d’en douter... Dans ce genre, accouplant érotisme et science-fiction, mieux vaut donc jeter son dévolu sur 2069 : A Sex Odyssey (1974) avec lequel il ne faut surtout pas le confondre. (28.09.2025) ⍖


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