Ting Shan-hsi - A Queen's Ransom (1976)


Un James Bond (le plus qu’éphémère George Lazenby) dans un film de kung-fu made in Hong Kong, voilà une bobine comme seules les années 70 pouvaient en enfanter, promesse de coups de savate à foison et de fusillades nerveuses, le tout chauffé par une pointe d’érotisme. A Queen’s Ransom n’est pourtant pas bien fameux car plombé par un sévère déficit en baston. Un comble pour une production Golden Harvest, compagnie emblématique du cinéma d’action hongkongais portée par le triomphe de Bruce Lee ! En effet, s’inspirant de la visite en 1975 de la reine d’Elizabeth II (l’île était encore une colonie britannique) qu’une organisation internationale prévoit d’assassiner, le film se traîne contre toute attente pendant les deux tiers. La multitude de personnages rend l’histoire embrouillée, poussée qui plus est vers la comédie idiote par la relation entre Ni Tien (en fait la véritable héroïne dans la peau de la frivole Jenny) et un des flics chargés de l’enquête. Cela n’est pas très sérieux. 


Seuls quelques coups de poing qui viennent secouer un rythme plus pépère que féroce et une Judith Brown (A Woman For All Men) qui exsude le sexe par tous les pores selon son habitude, toujours prompte à dévoiler ses nichons et à s’offrir aux mâles, accrochent vaguement la rétine. Heureusement, il y a la dernière partie, furieuse et jubilatoire, où toute la distribution s’affrontent mitraillettes et flingues au poing entre deux coups de tatane en une orgie teigneuse et sanglante, teintée d’un léger voile de tristesse lorsque meurt Jenny. E Tan qun ying hui s’emballe alors, c’est toutefois un peu tard pour le sauver d’une certaine déception malgré son casting apte à faire rêver les amateurs du genre. Un George Lazenby moustachu aussi convaincant en vilain brutal qu’à l’aise au combat et déjà à l’affiche de L’homme de Hong Kong (1975), le charisme énergique de Jimmy Wang Yu (Le bras de la vengeance) et la séduction batailleuse d’Angela Mao, celle plus mutine de Ni Tien ou vulgaire de Judith Brown assurent ainsi le spectacle d’une série B au charme aussi modeste que sympathique. (18.09.2025)  ⍖⍖


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