Claude Zidi - L'animal (1977)


Les résultats mitigés au box-office de L’alpagueur et du Corps de mon ennemi pousse Jean-Paul Belmondo à renouer avec le mélange de comédie et d’action qui a fait de lui une star populaire sous la houlette de Philippe de Broca, depuis L’homme de Rio (1964) jusqu’au Magnifique (1973). Pour ce faire, qui de mieux que Claude Zidi, qui vient d’enchaîner des comédies à succès telles que La course à l’échalotte avec Pierre Richard et L’aile ou la cuisse avec Louis de Funès. Comme son générique rythmée par la musique disco de Vladimir Cosma, au demeurant plaisante, l’annonce d’emblée, L’animal n’est malheureusement qu’une version abâtardie des films de De Broca alliant acrobaties et humour. Dans un double rôle écrit pour lui, le comédien s’amuse beaucoup, se moquant gentiment de lui-même au passage, cascadeur maladroit réduit à jouer les singes de supermarchés avant d’être embauché comme doublure d’un (mauvais) acteur trouillard et efféminé, vedette de films d’action alors qu’il est incapable d’exécuter la moindre cascade ! L’opposition entre les deux est amusante mais trop peu développée sinon gâchée par un comique au ras des pâquerettes. C’est donc un festival Bébél qui en fait des caisses avec force grimaces et appuyant sur le côté homo de Bruno Ferrari en mode « Cage aux folles » qui ne manquera pas aujourd’hui de faire grincer quelques wokistes effarouchés. Ce n’est pas grave. 


Qu’il éclipse tous ses partenaires pourtant de qualité, l’est en revanche davantage, ne laissant que des miettes au Julien Guiomar (en Christian Fechner!), Raymond Gérôme et autre Mario David. Seul Aldo Maccione tire son épingle du jeu et contre toute attente. Par contre, Charles Gérard est toujours aussi nul. On repérera enfin des débutants promis à un bel avenir, Richard Bohringer ou Josiane Balasko tandis que Claude Chabrol, Yves Mourousi, Johnny et Jane Birkin apparaissent dans leur propre rôle.  Le scénario, paresseux et sans véritable intrigue ni enjeu particulier sinon celui de voir Belmondo et Raquel Welsh (que vient-elle faire là d’ailleurs ?) convoler enfin, n’est pas plus convaincant, même pas rehaussé par les dialogues d’un Michael Audiard qu’on a connu plus inspiré. L’ensemble s’avère laborieux et décousu, incapable de presser tout le jus acide que l’envers du décor du 7ème art aurait pu fournir. Emporté par l’énergie communicative d’un Belmondo évidemment toujours aussi sympathique, L’animal n’en livre pas moins un divertissement agréable, pur produit d’un cinéma français populaire désormais disparu. Malgré ses défauts et des critiques négatives, le film connaîtra un triomphe dans les salles, confortant la star dans son choix d’abandonner les projets plus ambitieux ou plus sombres. Dès lors, il continuera dans cette voix confortable et pépère, insistant tantôt sur l’action (Flic ou voyou), tantôt sur la comédie (Le Guignolo), sans toutefois les séparer.   (02.01.2026) ⍖⍖


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