Cet album, censé symboliser la résurrection de Mercyful Fate, près de dix ans après son split, était de fait attendu par certains comme le messie. Bon d’accord, depuis 1984, on pouvait toujours compter sur le King pour puiser dans l’héritage du mythique groupe inventeur du black metal (du moins en terme de thématique), mais le chanteur grimé aussi talentueux soit-il, ne remplacera jamais Mercyful Fate. Voilà pourquoi cet retour était tant espéré. Et puis merde, même si le moustachu a toujours su s’entourer de musiciens confirmés et appliqués, c’est quand le jeu des duellistes Hank Shermann et Michael Denner lui serve d’écrin que sa voix prend toute sa dimension noire. Mettons tout de suite fin au suspense intolérable qui devait empêcher de dormir tous les fans du groupe : In The Shadows n’égale pas ses aînés, qu’il s’agisse de Melissa ou de Don’t Break The Oath, mais ne déshonore pas non plus le patrimoine laissé intact depuis le milieu des années 80. Surtout, ce nouvel album sera toujours meilleur que les opus de King Diamond, le groupe. Sans doute plus heavy metal et moins satanique, ce troisième essai répand un fluide noir certes désormais dépourvu de cette aura sulfureuse qui fit tant à leurs débuts pour la légende des Danois, mais néanmoins toujours terriblement envoûtant qui doit beaucoup au jeu incisif de la paire de gratteux.
Mais le chanteur, dont la dernière galette en solo, The Eye, ne nous a guère convaincu, démontre qu’il n’a rien perdu de sa flamboyante puissance théâtrale, et ce dès le superbe « Egypt », titre épique digne des grandes heures d’antan, et sur lequel se déchire la doublette du manche. A un « The Bell Witch », efficace mais quelconque et à « The Old Oak », un peu trop long, succèdent quelques brûlots à même de vous emporter dans une gigue démoniaque : « Shadows », « A Gruesome Time » et « Thirteen Invitations », sans oublier l’entraînant instrumental « Room Of Golden Air ». Tout est là donc, le style, les compos, l’inspiration, manque seulement un supplément d’âme car il est clair que ce retour, dont la réussite certaine ne peut être remise en question, n’a pas été uniquement motivé par le désir de musiciens à rejouer ensemble. L’art, c’est bien joli, mais le fric, c’est bien aussi. Le fait que la carrière solo de King Diamond commençait à alors à battre de l’aile n’y est sans doute pas étranger. Cela n’enlève rien au plaisir réel que l’on prend à savourer In The Shadows, que viennent encore rehausser deux reliquats du passé : « Is That You, Melissa », sorte de suite au morceau titre du premier album, ainsi que la reprise de « Return Of The Vampire » dont la présence derrière les fûts de Lars Ulrich, fan devenu parrain, devrait permettre au groupe de lui assurer une publicité bienvenue. En espérant que ces retrouvailles ne s’achèvent pas comme un pétard mouillé, à l’instar de maintes reformations… (02.09.2007) ⍖⍖


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