Metallica - S&M (1999)


L’appréciation de ce premier vrai live (si l’on excepte le Live Shits) se révèle finalement très subjective, selon le rapport que l’on entretient avec ce groupe que l’on ne présente plus. Si vous suivez le gang depuis ces balbutiements, vous risquez de faire la gueule et de jeter à peine plus qu’une oreille (au mieux) sur S&M. En revanche, si vous l’avez découvert ces dernières années, disons à partir (au hasard) du Black Album, alors vous devriez être conquis. Pourtant, à y regarder de plus près, qu’est-ce qui justifie dans cette sortie, l’ire des intégristes du groupe ? Car Metallica n’est pas le premier à recourir à un orchestre symphonique sur scène ; Deep Purple et Rainbow, pour ne citer que deux des plus célèbres fusions entre hard rock et musique classique, n’ont pas attendu les Américains pour y penser comme des grands. Pourquoi James Hetfield et sa bande ne pourrait pas tenter l’expérience au moins une fois ? Parce que le thrash, dont ils restent les quasi géniteurs avec l’inégalé Kill ‘Em All en 1983 ne saurait s’accoupler avec la musique dit « noble » ? Certains affirmeront que, s’il était encore des nôtres, Cliff Burton n’aurait jamais permis une telle déviance. 


Cela reste à démontrer, surtout quand a encore en mémoire l’amour du regretté bassiste pour le rock progressif. Et à écouter la façon monumentale dont sonnent les titres issus de Ride The Lightning (« The Call Of Ktulu » et « For Whom The Bell Tolls ») et Master Of Puppets (le morceau éponyme, « The Thing That Should Not Be » et « Battery »), on se dit que Burton aurait été fier de cette alliance à priori contre nature. Paradoxalement, ce sont justement les compositions les plus thrash, ainsi ques extraits de And Justice For All (« One ») et de Metallica (« Enter Sandman »…) qui passent le mieux l’épreuve (peut-être parce qu’ils sont les pierres angulaires du répertoire des Américains ; ils gagnent une dimension absolument grandiose, tandis que les titres les plus récents, à défaut de se hisser au même niveau, prennent une épaisseur qui leur manquait sur album. S&M permet même de redécouvrir ceux figurant au menu des décriés Load et Re-Load, comme « Fuel » ou « Until It Sleeps ». En résumé nous aurions bien tort de faire la fine bouche sur ce live, qui plus est rehaussé de deux inédits plutôt de bonne facture, les puissants « No Leaf Clover » et « Human », et dont on peut légitimement penser qu’il s’agit de la meilleures sortie que le groupe nous ait offerte depuis très longtemps. (27.08.2007) ⍖⍖⍖

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