Gary Moore - Blues Alive (1993)


L’exercice du live sied particulièrement à Gary Moore, que l’on songe au référentiel We Want Moore, publié en 1984 ou encore à Rockin’ Every Night. En plus de confirmer à nouveau cette vérité, Blues Alive témoigne surtout que l’Irlandais se révèle à son aise dans la direction qu’il a décidé d’emprunter depuis trois ans, direction qui l’a vu s’éloigner franchement des rivages du hard rock qui a fait sa renommée durant les eighties suite à son départ de Thin Lizzy pour retourner à ses véritables racines : le blues. Ce live se présente comme un résumé de ses deux dernières galettes, Still Got The Blues et After Hours grâce auxquelles il a présenté ce nouveau visage. Accompagné par une équipe toute dévouée à son capitaine, Gary Moore y alterne standards bluesy auxquels il rend hommage avec brio (« Walking By My Self », « Oh Pretty Woman », « Too Tired », « The Sky Is Crying »…) et compositions de son cru (« Cold Day In Hell », « Since I Met You Baby »…). C’est vers ses dernières que va notre préférence surtout quand elles prennent la forme de somptueuses ballades déchirantes de beauté, capables de tirer des larmes aux plus durs d’entre vous. 


« Story Of The Blues », « Separate Ways » et ses cuivres chaleureux, et « Still Got The Blues » constituent des monuments d’émotions que la six cordes volubiles bourrée jusqu’à la gueule de feeling de l’Irlandais, propulse vers des sommets de délicatesse. Mais l’apothéose est atteinte lors de cette version dantesque du classique de Thin Lizzy, « Parisienne Walkways », pleurée par le jeu racé, teigneux et puissant du guitariste. Autant dire que ce titre justifie à lui seul l’achat de ce disque ! Si Gary Moore n’est certainement pas un très grand chanteur, ce registre bluesy convient finalement bien, voire mieux, à son timbre rocailleux, que le pur hard rock. Les puristes feront peut-être la fine bouche, arguant que cet enregistrement n’a qu’un très lointain rapport avec le vrai blues, comme il doit être joué de part le jeu trop agressif de Gary. Mais qu’importe, Blues Alive est une œuvre jubilatoire et n’a pas à rougir, dans un genre un peu différent, de la comparaison avec le mythique We Want Moore. (10.07.2017) ⍖⍖⍖

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