L'inspiration toujours au garde à vous, Mostly Autumn est déjà de retour, un an à peine après Heart Full Of Sky. Cette rapidité aurait pu être préjudiciable à cette nouvelle galette, heureusement il n’en est rien, quand bien même cette dernière ne se hisse pas tout à fait au niveau de ses précédantes devancières (de toute façon, la barre avait été placée très haut). On n'en est pourtant pas loin. Dès le puissant « Fireside », Glass Shadows nous rassure quant à l’identité du groupe demeurée intacte. Et toujours cette impression d’entendre un Deep Purple en plus progressif et irrigué par une voix féminine. Encore une fois, l’ombre du grand Blackmore plane sur ce titre d’ouverture du feu de dieu, exercice dans lequel les Britanniques sont d’ailleurs passés maîtres. Plus calme, « The Second Hand » permet au guitariste Bryan Josh de s’emparer le micro cependant que sa collègue vient également souligner de son timbre chaleureux ses lignes vocales pleines d’amertume. Puis survient le superbe et seventies « Flowers For Guns », zébré de quelques touches de flûtes du plus bel effet et illuminé par le jeu aérien de Josh, qui apparaît plus que jamais comme le fils spirituel de l’Homme en noir et de David Gilmour.
Introduit par des notes de piano, « Unoriginal Sin » permet à la flamboyante Heather Findlay de s’envoler très haut vers des sphères auxquelles le commun des mortels ne pourra jamais accéder. Si « Paper Angels » est propulsé par des influences floydiennes évidentes, le poignant « Terring At The Faerytale » déverse un torrent émotionnel qui touche au cœur, à l’instar de la perle diaphane « Above The Blue » sur laquelle la chanteuse n’est accompagnée par un piano fantomatique et surtout du morceau de bravoure de l’album, le gigantesque « Glass Shadows » qui, du haut de ses 11 minutes, érige une cathédrale de douleur tout en étant le plus purement progressif du lot . Alors bien sûr, Mostly Autumn ne se renouvelle pas (plus), se contente de raviner le même sillon entamé par Storms Over Still Water. De même, l’opus s’achève sur deux compositions moins marquantes, bien que non dépourvues de charme, que le reste d’un menu de roi, le léger « Until The Story Ends » et « A Different Day », coloré de teintes que n’auraient sans doute pas renier les Beatles. Il n’en demeure pas moins que les Anglais, détenteur d’une très forte personnalité, démontrent encore une fois leur classe et leur talent. Le groupe semble avoir atteint une maturité artistique et on ne voit pas ce qui pourrait venir tarir une inspiration qui dresse haut les couleurs d’un (hard) rock puissant à nulle autre pareil, d’une profonde mélancolie qui sourdre en filigrane de chansons ciselées tel un travail d’orfèvre. (05/08/08) ⍖⍖⍖


Commentaires
Enregistrer un commentaire