Nick Nostro - Adios Caballero (1968)


Western spaghetti italo espagnol tourné au moment où le genre usine des cartouches jusqu’à l’indigestion, c’est peu dire que nous n’attendions pas grand-chose de Adios Caballero qui semblait donc ressembler à des dizaines d’autres pellicules du même type et que seules la présence de Richard Harisson et les charmes de Pamela Tudor justifiaient qu’on y jette un œil lointain. Or il s’agit d’une excellente surprise. Mieux, Uno Dopo l’Altro s’élève même très largement au-dessus du tout venant. A quoi doit-il sa très bonne tenue ? Le film de Nick Nostro (Trois nuits de violence, Superargo contre Diabolicus) ne manque pas d’atouts. A commencer par la mise en scène de Nostro lui-même qui, s’il ne compte pas parmi les artisans les plus chevronnés du western (il n’en a tourné que deux au sein d’une filmographie par ailleurs très maigre), livre pourtant un travail très convenable, solidement épaulé il est vrai par la photographie de Mario Pacheco, soignée et pleines d’ombres dans lesquelles sont tapies les menaces et les dangers. Le scénario est habile, riche de multiples rebondissements (quant à l’identité et les desseins du héros plus particulièrement), la violence, sèche et très présente, les rôles féminins, plus étoffés qu’à l’accoutumée, l’interprétation, de qualité, que rehausse en français un doublage assuré par des voix familières (Henri Djanik, André Valmy, Gérard Hernandez, Martine Messager). 


Enfin à l’instar de nombreux westerns spaghetti, Adios Caballero multiplie les détails insolites. L’inévitable règlement de comptes final se déroule dans une ville désertée par ses habitants, battue par les vents et que balaie une fine pluie neigeuse. Pour une fois, les Mexicains ne tiennent pas le mauvais rôle, dévolu au banquier véreux et aux tueurs à sa solde. Fort d’un charisme certain, Richard Harrison compose un étonnant vengeur à lunettes (dont on devine aisément qu’elles ne sont pas vraiment d’époque mais ce n’est pas si grave). La musique qui recycle parfois les gimmicks de Morricone et la présence d’un vieillard qui joue les croque-mort, (trop) calqué sur le Peripero de Pour une poignée de dollars ne suffisent pas à entamer notre enthousiasme pour ce western qui bien que peu connu, vaut pourtant mieux que d’autres plus réputés. (16.08.2024) ⍖⍖⍖


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