Au début des années 70, le western américain agonise. S’il produit certes encore quelques cartouches mémorables empreintes de révisionnisme (Little Big Man, Deux hommes dans l’Ouest) et de violence (La horde sauvage, Soldat bleu), Hollywood en est alors réduit à copier le western européen, rarement pour le meilleur (L’hommes des hautes plaines), plus souvent pour le pire. Catlow incarne justement ce que le western américain de l’époque peut enfanter de plus navrant, pantalonnade dont il n’a rien à sauver ou si peu. Dès le générique, on pressent que le spectacle offert ne sera pas tellement sérieux. A raison. Malheureusement. Les acteurs semblent s’être bien amusés, particulièrement Yul Brynner, sans doute trop heureux de faire l’imbécile plutôt que d’arborer le masque figé qu’on lui connaît d’habitude. Nous, beaucoup moins. On devine que notre chauve préféré, patron sur le tournage, n’est absolument pas dirigé et par conséquent, fait ce qu’il veut. Et mal.
Face à lui, Richard Crenna s’en sort un peu mieux (idéalement doublé en français, il est vrai, par Dominique Paturel) quand bien même il est évident que le western ne sied guère à sa mollesse. Le charme bien que toujours épicé, Daliah Lavi est sacrifié dans un rôle presque inexistant. Quand à Leonard Nimoy, on est tout étonné de le voir sans les oreilles de Spock mais à poil ! La mise en scène fonctionnelle de Sam Wanamaker, énième comédien à vouloir se prendre pour un réalisateur, des passages ridicules (la balade à cheval en amoureux de Crenna et Jo Ann Pflug) et un scénario décousu pourtant tiré d’un bouquin de Louis Lamour (Hondo, l’homme du désert) achèvent ce Catlow inodore à côté duquel un Sierra Torride (Don Siegel), autre western américain cuisiné non sans humour à la sauce italo-mexicaine avec héros mû par l’odeur du dollar frais, peut être considéré comme un chef-d'œuvre ! En 1954, sur un sujet assez similaire, Hollywood enfante Vera Cruz, un indémodable classique du genre. Dix-sept ans plus tard, ça donne Catlow. Quel déclin ! Quitte à voir un western avec Yul Brynner, autant jeter son dévolu sur Les sept mercenaires (1960) évidemment ou le plus méconnu Mercenaire de minuit (1964) de Richard Wilson, voire même le Adios Sabata (1971) de Gianfranco Parolini... (06.01.2025) ⍖
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