Henry Koster - Ah si mon père savait ça ! (1963)


Un père un peu vieux jeu s’emploie à préserver la vertu de sa fille aînée en la pistant d’abord à l’université où elle s’enflamme davantage pour les idéaux politiques à la mode que pour les garçons, puis à Paris où elle s’installe pour y suivre des cours de peinture. Au départ de Ah si papa savait ça !, il y a une pièce de Broadway écrite par Henry et Phoebe Ephron qui puisent dans la correspondance qu’ils ont entretenue avec leur fille Nora (future scénariste elle-même de Quand Harry rencontre Sally ou de Nuits blanches à Seattle qu’elle réalisera également) durant ses études supérieures. Henry Koster en tire ce film dont le succès populaire ne l’exonère pas d’une médiocre qualité, comédie aussi ennuyeuse que laborieuse comme Hollywood en usinait dans les années 60 et comme James Stewart en a tourné plusieurs à l’époque (M. Hobbs prend des vacances, Chère Brigitte), toujours sous la direction de Koster, piètre cinéaste qui fut pourtant, aux côtés d’Anthony Mann et d’Alfred Hitchcock, son réalisateur favori (Harvey, Le voyage fantastique). 


S’il en constitue évidemment le principal intérêt, le comédien n’apparait même pas tellement à son avantage dans ce Take Her, She’s Mine où il déroule son personnage habituel dans les comédies de ce genre, père dépassé aux prises avec des jeunes filles qui l’entraînent dans des situations rocambolesques. Que de talents convoqués (Nunnally Johnson au scénario, Jerry Goldsmith pour la musique...) pour un résultat aussi inodore qui n’arrache guère que quelques sourires (la scène dans le bar qui cache en vérité un bordel). Le charme espiègle de Sandra Dee, la bonhommie savoureuse de Robert Morley, toujours impeccable, et la photographie de Lucien Ballard qui notamment colorent de teintes minnelliennes la séquence où Frank Michaelson imagine sa fille céder aux ardeurs d’un Paris forcément coquin, complètent le maigre actif de cette comédie qui paraît bien morne et datée comparée aux films contemporains de Blake Edwards (La panthère rose) ou de Richard Quine (Une vierge sur canapé) par exemple, dont elle ne partage ni la folie des premiers ni l’élégance sexy des seconds. Sa carrière alors déclinante, il va sans dire qu’on préfère James Stewart chez John Ford (L’homme qui tua Liberty Valence, Les Cheyennes) ou Robert Aldrich (Le vol du Phénix)... (27.05.2025) ⍖


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