Walter Hill voue une admiration pour Sam Peckinpah, pour lequel il signa d’ailleurs le scénario de Guet-apens (1972). De tous les films qu’il a mis en scène depuis ses débuts en 1975 avec Le bagarreur, Extrême préjudice est incontestablement celui-ci qui doit le plus à l’auteur de Major Dundee. Réalisé à la manière d’un western moderne, le film dévide une histoire de braquage dont on se désintéresse finalement assez vite. Il est avant porté par une poignée d’acteurs, de vraies gueules sculptées pour le cinéma et qui finissent par écraser le sujet. De Powers Boothe, poisseux et mal rasé, puant la transpiration, à Michael Ironside, qui semble né pour être mercenaire, de William Forsythe à Clancy Brown, les bads guys se taillent la part du lion, éclipsant presque un Nick Nolte un peu terne, raide comme la justice. Bref, Extrême préjudice est un film d’homme(s), suant le fauve, la sueur et le sang et duquel les femmes ne peuvent qu’être absentes (ou presque).
Le carnage final où Walter Hill se montre très à l’aise, constitue un hommage appuyé à La horde sauvage (1969). Les balles fusent, l’hémoglobine gicle sur les murs et les gars, mitraillettes aux poings, se prennent pour William Holden, Ben Johnson, Ernest Borgnine et Warren Oates. Cependant, malgré sa qualité, la séquence ne possède pas la dimension tragique et crépusculaire de son modèle. Chez Peckinpah, le massacre des quatre héros, dinosaures dans un monde en mutation dans lequel ils n’ont plus leur place, avait une véritable raison d’être et La horde sauvage ne pouvait que s’achever par la mort de ces hommes. Chez Walter Hill au contraire, cette boucherie paraît plus gratuite quoique tout aussi jubilatoire. Extrême préjudice, qui marque ses retrouvailles avec Nick Nolte après l’efficace 48 heures (1982) et avant sa suite sympathique mais inutile, demeure toutefois un des films majeurs du réalisateur, à une époque, depuis longtemps révolue, où il savait encore trousser des bobines de qualité... (2001) ⍖⍖⍖
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