Succédant à 1984 et au Tour du monde en 80 jours, Commando sur le Yang-Tsé marque le retour de Michael Anderson au film de guerre auquel il a offert avec Les briseurs de barrages un des fleurons et sans doute son plus beau travail. Les points communs ne manquent d’ailleurs pas entre les deux : recours au noir et blanc, authenticité documentaire, présence de Richard Todd et de trognes familières, qu’il s’agisse de seconds rôles (William Hartnell, Donald Houston, Allan Cuthbertson) ou de débutants promis à un certain avenir (Ian Bannen, Barry Foster) et dont on a l’impression qu’ils ont toujours porté l’uniforme. Enfin, comme son aîné, Yangtse Incident relate un épisode réel, non pas de la Seconde Guerre mondiale mais de la guerre civile chinoise en marge de laquelle la frégate britannique HMS Amethyst subit en avril 1949 une attaque violente de l’armée populaire de libération alors qu’elle remontait le fleuve Yangtsé pour ravitailler l’ambassade de Nakin. Pris au piège des communistes, il faudra que le navire parvienne à s’en échapper.
La réussite est cependant moindre cette fois-ci, Commando sur le Yang-Tsé ne partageant ni la force spectaculaire des Briseurs de barrages ni sa dimension émotionnelle, laquelle devait il est vrai beaucoup au personnage de l’ingénieur Barnes Wallis, attachant dans sa farouche ténacité, par surcroît superbement interprété par Michael Redgrave. Dans un rôle certes différent, Richard Todd ne dégage, selon son habitude, aucune émotion (ou si peu), le charme viril et séduisant mais guère plus que cela. Confirmant que le genre sied bien davantage à Michael Anderson que les grosses machines sans âme pourtant plus célèbres (Le tour du monde en 80 jours donc ou L’âge de cristal), l’œuvre n’en illustre pas moins l’immuable noblesse du cinéma de guerre britannique, alors un des plus beaux du monde, dont elle égrène toutes les qualités (justesse de l’interprétation, absence d’effets faciles, mise en scène au cordeau et dépourvue d’esbroufe) et caractéristiques (le groupe qui toujours prime sur l’individu), autant d’invariants propres au cinéma anglais tout court, d’ailleurs.(16.09.2025) ⍖⍖
.jpg)


Commentaires
Enregistrer un commentaire