Gordon Parry - A Yank In Ermine (1955)


La comédie anglaise des années 50 ne se résume heureusement pas aux classiques du studio Ealing.  A l’ombre des Tortillard pour Titfield, De l’or en barres et autre Tueurs de dames ont ainsi fleuri nombre de  productions plus modestes dont beaucoup sont oubliées aujourd’hui. Tel est le cas de  A Yank In Ermine, divertissement sans génie, aussi charmant qu’inoffensif, il est vrai. Son titre en évoque évidemment un autre, A Yank At Oxford (Vive les étudiants ! en VF) de Jack Conway avec Robert Taylor, Maureen O’Sullivan et Vivian Leigh, et avec lequel il partage d’ailleurs le scénariste John Paddy Carstairs, auteur bien connu des amateurs de comédies britanniques (A Weekend With Lulu, par exemple, qu’il réalisera lui-même en 1961). Comme son ainé de 1938, le film repose sur l’opposition entre deux cultures (sportives notamment), à fois proches et différentes, en suivant l’immersion d’un Américain en terre britannique, ressort humoristique éprouvé s’il en est, qu’il ne cherche nullement à renouveler de surcroit. 


Un aviateur US hérite du titre de comte et d’un domaine dans un petit village anglais. D’abord réticent, il accepte finalement de se rendre en Angleterre, encouragé par sa fiancée que la valeur de la propriété en question, est loin de désintéresser. Mais sur place, il tombe amoureux de l’épouse d’un riche voisin… Ne s’élevant jamais au-dessus de la bluette néanmoins chaleureuse, A Yank In Ermine tire exclusivement son charme, mineur quoique vif, des paysages bucoliques fournis par la campagne anglaise, ses pubs, petits commerces et vastes demeures, et surtout de ses seconds rôles, ces gueules qui font le sel de l’humour English. Ce sont eux, Jon Pertwee, Sid James ou Edward Chapman, qui portent le film, ainsi que Noelle Middleton et Diana Baker (A Man’s Affair), toujours aussi radieuse et pétillante. En comparaison, Harold Lloyd Jr., fils de son célèbre paternel, et Peter Thompson paraissent bien fades, illustrant malgré eux ce qui séparera toujours la distinction truculente anglaise et l’assurance virile mais inodore américaine. Anodin mais délicieusement suranné et comme toujours, symbolique d’une Angleterre disparue... (19.01.2026) ⍖⍖


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