Considéré comme un technicien habile dans les années 50 et 60, bien qu’il était un peu plus que cela, sans pouvoir toutefois passer pour un auteur, Michael Anderson se retrouve en fin de carrière réduit à trousser des films à la remarque des modes successives. Orca (1977) louche sur Les dents de la mer, Dominique (1979) braconne sur les terres du fantastique tandis que Chroniques martiennes (1980) tente de capitaliser sur Star Wars et consorts. Parallèlement, il commence à déserter le grand écran pour le petit. Meurtre par téléphone s’inscrit dans ce double contexte. D’une part, il s’apparente aux slashers qui déferlent alors, mettant en scène des meurtres sanglants exécutés par un maniaque dont une enquête menée par un universitaire s’emploiera à démasquer l’identité. D’autre part et bien qu’il n’en soit pas un, Murder By Phone ressemble clairement à un téléfilm. La présence en haut de l’affiche de Richard Chamberlain, qui a certes à son actif une carrière cinématographique intéressante, tournant pour Ken Russell (The Music Loves), Richard Lester (Les trois mousquetaires) ou Peter Weir (La dernière vague) mais demeure éternellement associé au feuilleton Les oiseaux se cachent pour mourir (1983), n’y est sans doute pas étrangère. Tout cela ne fait pas nécessairement un mauvais film, juste un produit sans grande personnalité. Et aux invraisemblances et facilités trop nombreuses pour convaincre totalement.
Ainsi, un téléphone installé dans une station de métro d’une métropole de plusieurs millions d’habitants, est réparé en quelques heures à peine, qui plus est par le même technicien qui est intervenu précédemment, lequel livre toute sorte d’informations au héros qui le questionne. Le même héros, qui sans aucun mandat, se retrouve à enquêter et à aider la police ! Et ainsi de suite… On a connu Dennis Shryack, qui signe le scénario avec d’autres, plus inspiré comme l’illustrent ses deux Eastwood, L’épreuve de force (1977) et Pale Rider (1985). L’idée d’utiliser les lignes téléphoniques est ingénieuse mais artificielle, servant une intrigue qui tente maladroitement de conjuguer thriller paranoïaque et films d’horreur, un peu à la manière de Scanners (1980) de Cronenberg, auquel on pense souvent, la puissance et l’atmosphère bizarre en moins. Richard Chamberlain a l’air d’y croire toutefois et Michael Anderson sait rendre menaçant les sonneries du téléphone annonciatrices d’une mort imminente… ou pas. Quant aux meurtres eux mêmes, quoique répétitifs, ils sont opérés avec toute l’efficacité spectaculaire attendue. Que nous sommes loin cependant d’un John Carpenter par exemple ! Oublié aujourd’hui, Meurtre par téléphone est une série B honnête mais pas plus que cela. (12.01.2026) ⍖⍖



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