Michael Anderson - La flèche empoisonnée (1953)


Après le drame social (Waterfront) et la comédie, sentimentale (Hell Is Sold Out) ou pas (Le scandaleux Mister Sterling) et avant le film de guerre (Les briseurs de barrages) qui sera son Sésame pour Hollywood, Michael Anderson s’essaie à l’enquête policière avec La flèche empoisonnée. Déjà portée à l’écran à trois reprises entre 1930 et 1940, il s’agit de la quatrième enquête de l’inspecteur Hanaud imaginé par le romancier A.E.W. Mason (1865 - 1948), dont l’honnêteté oblige votre serviteur à reconnaître qu’il ne connaissait de lui que "Les quatre plumes blanches", maintes fois adapté au cinéma. Bien que son créateur soit britannique, Gabriel Hanaud est français, flic de la sûreté auquel l’Autrichien Oskar Homolka (vu dans Agent secret d’Hitchcock ou Boule de feu de Hawks) prête pour l’occasion son visage sourcilleux et un humour dont on ne le croyait pas capable. 


On le découvre aussi plutôt à l’aise avec la langue Molière, le  film ayant été tourné en France puisque l’intrigue est censée se dérouler à Dijon. Celle-ci se révèle assez astucieuse. Une jeune femme (Yvonne Furneaux) est accusée du meurtre d’une vieille dame riche qu’il l’a adoptée et fait d’elle sa principale héritière. Chargé du dossier, Hanaud la disculpe dans un premier temps avant de la confondre. Baignant dans une ambiance expressionniste (particulièrement évidente durant les scènes où le policier interroge les protagonistes) que tricotent à la fois la photographie tout en clair-obscur de Erwin Hillier (M le maudit) et la mise en scène de Michael Anderson qui multiplie les contre-plongées et les cadrages biscornus, La flèche empoisonnée réussit mieux dans l’atmosphère enténébrée que dans une enquête policière menée sans grande conviction. (01.09.2025) ⍖⍖


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